LES RADIOS PIRATES SUITE…..(3)


LES RADIOS PIRATES, LEUR NAUFRAGE ET

AUTRES RADIOS PRIVÉES

Notre ami EPHEM se chargeant de nous narrer, par l’intérieur, la naissance des radios FM des années fin 1970 /1980 qui vont à leur tour saper le sacro saint monopole de la radio diffusion, nous revenons à nos crêtes de vagues.

Si les radios anglo-saxonnes sont les plus connues de nos jours, l’idée d’émettre à partir d’un navire a commencé bien avant ; pas quand même au déluge avec Noé, mais aux débuts des années 60′ et la grande bagarre se situe un peu plus au Nord, sur la mer du même nom, car si les septentrionaux ont la réputation d’être réservés et distants, titiller les autorités n’est pas pour leur déplaire et il a fleuri dans ces eaux froides moult expériences d’émissions.

En partant de cheu nous et en allant vers le pôle, nous trouvons chez les Bataves ; Radio Véronica qui a vécu son bonhomme de chemin pendant quelques années à partir des années 1960. Bien entendu le gouvernement Néerlandais a fait tout son possible pour lui mettre des bâtons dans les roues mais pendant des années cette fréquence a émis de son bateau, vers les auditeurs des Pays Bas

En remontant vers le froid les scandinaves ont eu aussi les leurs ; Radio Mercur dès 1958 au Danemark et Radio Nord en Suède en 1960 pour ne citer qu’elles.

Toutes « hors la loi », selon leurs gouvernements, ayant des navires aux pavillons de « complaisance » compatibles de près ou plus souvent de loin voire même de très loin avec l’Autorité Internationale d’Attribution de Fréquences, ensemble sur une mer tout sauf calme avec des programmes fréquemment enregistrés à terre sur bandes parvenant par ruses aux bateaux émetteurs.

Les tempêtes n’étant pas rares sous ces latitudes, parfois le bateau rompait ses ancres et s’échouait, alors gare à la saisie et souvent faire des prodiges pour appareiller de nouveau.

Toujours à la base ,et cela sera commun à toutes mes élucubrations, des hommes d’affaires et beaucoup de pépettes car c’est pas donné la logistique d’un émetteur en Modulation d’Amplitude, avec musique, DJ et si possible des infos. Vu le climat, je vous laisse imaginer la vie à bord….. Point commun de toutes ces émissions c’est que les auditeurs sont bien au rendez-vous contre les autorités….

Encore ensemble, Scandinaves, Hollandaises ou anglo-saxonnes se sont vues poursuivies par différentes lois devenues internationales pour leur faire cesser leur émission souvent en coupant le cordon ombilical des revenus via la publicité ou des interdits personnels de retour au plancher des vaches.

Mais si elles vont toutes tomber, le ver est dans le fruit et les monopoles coulent leurs derniers jours heureux.

Pour saler un peu mes propos, deux anecdotes ; la première, non vérifiée, la Grande Bretagne regardait ces radios pirates avec condescendance jusqu’au moment où un bruit circula qu’un gouvernement blanc d’Afrique Subsaharienne aurait l’idée de mettre au large des côtes de la perfide Albion un bateau émetteur pour leur faire part de leur mécontentement au sujet de la politique extérieure de la Couronne. Peu ou prou le flegme anglais s’énerve de la chose et s’inquiète des ces merveilleux fous voguant sur leur drôle de bateau en mettant du persil dans les trous de nez de la BBC et de la gentry en particulier.

Fi du calumet de la paix au Navy Cut, on ressort la hache de guerre en acier de Sheffield et les décrets d’interdiction….

Deuxième anecdote qui repose sur le fait qu’ on peut être du Nord et avoir le sang chaud, il y eu quelques actes de piraterie entre bateaux eux mêmes pirates, un comble n’est-il pas ? Un a d’ailleurs failli mal tourner. Radio Caroline a subi d’ailleurs un abordage en règle conjoint des anglais et des hollandais pour couper l’émetteur….

Bref de cette époque épique européenne ne reste que Radio Caroline sur satellite et Web et parfois à partir de son dernier vaisseau le Ros Revenge .

Il reste aussi à savoir que ces radios pirates ont « sévi » à l’échelle mondiale, sur mer et aussi …..sur terre.

Je vous renvoie à l’excellent livre de Daniel Lesueur «  Histoire des bateaux pirates de Radio Caroline à la FM » je viens de l’acheter et suis en train de le lire, c’est passionnant, ça se lit comme un polar, et,si le sujet vous intéresse investissez quelques euros vous ne le regretterez pas.

Vous me direz, il y a d’autres gens qui ont bravé l’interdit. Je vous renvoie à l’article que j’avais fait dans ces colonnes au sujet de Radio Toulouse, mon enfant chéri, première radio commerciale privée d’avant guerre, puissante, aux programmes structurés et aux premières retransmission en direct, le signal est fort et stable, mais durant toute son existence, ce ne fut qu’un jeu de chat et de souris, et de coups bas avec le Ministère des PTT avec des autorisations provisoires qui devenaient « définitives » jusqu’à plus ample informé….une guerre d’usure qui a amené quand même les autorités à créer une radio concurrente dans le Sud Ouest, bénie par les PTT….Sud Radio

La guerre 39/45 a mis un terme à cette épopée.

Les mêmes comparses avaient aussi créé sur des principes tout aussi flous « Radio Andorre » avec l’appui de la principauté moyennant l’installation d’un réseau téléphonique dans tout le pays, « Aqui Radio Andorra » pour ceux qui se souviennent, un beau moment de radio victime des pressions de l’État Français et finit par se saborder, l’arrivée de la FM la condamnait à plus ou moins longue échéance, une fin pathétique , les studios furent incendiés « accidentellement »mais les émetteurs et pylônes restent intacts toujours sur place, on a cru sa discothèque détruite dans l’incendie mais retrouvée intacte il y a quelques temps et le gouvernement andorran est en train de réhabiliter le site en Musée dont l’ouverture est prévue sous peu.

J’avais aussi déliré , toujours ici, quelques lignes à ce sujet.

Et puis il y a nos deux aïeules Radio Luxembourg et Europe n°1.

À Suivre ………

Une réflexion sur “LES RADIOS PIRATES SUITE…..(3)

  1. Un grand bonjour amical pour vous remercier de l’article… et de m’avoir cité. En effet les radios pirates ont enchanté ma jeunesse (je n’oublierai jamais ce samedi soir : je m’étais endormi avec le transistor doucement allumé… et j’entends l’animateur implorer SOS … SOS… : mon bateau-radio avait été attaqué à la bombe incendiaire. C’était en 1970, j’avais 18 ans… Daniel LESUEUR

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