Trouvé dans les Panama-Papers, les débuts des radios locales by EPHEM…(1)


LES RADIOS LOCALES

par EPHEM

Antenne d' émission FM

Je roule sur l’A13 en direction de Paris, le soleil brille, et la circulation est fluide. Ce matin, comme tous les jours, une musique douce venant de mon radio-réveil m’a tiré des bras de Morphée. Pendant que je prenais mon petit-déjeuner j’ai écouté les dernières nouvelles et Radio-Trafic pour connaître l’état de la route.

Je viens de franchir le péage de Mantes et la radio FM que j’écoute depuis mon départ (bravo et merci le RDS) se met à « crachouiller » comme si une autre radio « bavait » sur la même fréquence. Bizarre, bizarre ! Poursuivant ma route, cela n’a pas duré bien longtemps. Cependant, cela m’a fait penser à une époque déjà assez lointaine, du temps de l’apparition des radios locales et de leurs premiers balbutiements… Au fait, c’était quand ?… Vous dites ? Il y aurait autant d’années que çà ?

Si vous avez la trentaine, vous pensez sans doute que la bande FM a toujours ressemblé à ce qu’elle est aujourd’hui : eh bien non, ce n’est pas le cas et je vous propose de remonter le temps, et pour commencer, « dresser un état des lieux » daté des années 1975/1980.

A cette époque, lorsqu’on souhaite écouter de la musique à la radio on a les « Grandes Ondes » : France Inter, la radio d’état, concurrencée par des radios situées hors de l’hexagone telles Europe 1 et RTL. (plus la BBC, mais sans intérêt sauf pour les anglophiles). Au sud de la France, émettent en Ondes Moyennes, Radio Andorre et Radio Monte-Carlo. Pourquoi hors de l’Hexagone ? Pour respecter mais surtout contourner le sacro-saint monopole de la radiodiffusion française.

Europe 1 et RTL, radios généralistes, se démarquent par une tonalité plus moderne et utilisent un langage et une programmation musicale qui séduisent les jeunes auditeurs. De plus, n’ayant pas à se soumettre aux ordres donnés par le gouvernement français, elles adoptent une certaine liberté de parole, ce qui plaît beaucoup…

Toujours dans ces années 1975/1980 on peut écouter des programmes émis depuis déjà quelques années en Modulation de Fréquence mais le fameux monopole fait que la bande FM est utilisée par 3 programmes, France Inter (le même qu’en GO) France Musique et France Culture. La bande FM est en réalité sous-employée et le curseur du tuner peut explorer le cadran de 88 à 108 Mhz pour trouver ces 3 programmes (mais pas un de plus) en plusieurs points. Certes la qualité sonore est là: absence de parasites, confort d’écoute et… la stéréo ! Quant au contenu des programmes, rien qui satisfasse les teenagers …

L’attente en matière de musique moderne, actuelle, pluridisciplinaire et sans frontières se fait de plus en plus pressante et explique l’aventure assez surprenante des radios-pirates, telle Radio Caroline. Imaginez un émetteur placé sur un bateau ancré en Mer du Nord, diffusant en Ondes Moyennes, et cela malgré des conditions météo souvent difficiles ! Pour en arriver à cette solution, « il faut en vouloir » et surtout disposer de moyens financiers importants !

Soyons honnêtes : imaginons un instant qu’une brèche soit ouverte dans ce monopole tant décrié : qui, disposant de capitaux suffisants, pourrait créer une radio couvrant l’ensemble du territoire ? Comment rentabiliser une telle opération avec un matériel coûteux et particulièrement énergivore, même en Petites Ondes.

Si vous ne connaissez pas Allouis, ce petit village du Cher qui héberge les gigantesques antennes (350m) de France Inter en Grandes Ondes, je vous invite à consulter les pages Wikipédia qui lui sont consacrées. Outre les GO de France Inter, Il faut retenir que ce dispositif réparti sur plusieurs hectares, gère des antennes plus modestes, directionnelles et certaines peut-être stratégiques… Appelons cela « la voix de la France au-delà de nos frontières… »

Durant l’été 1977, passant quelques semaines en Italie dans une station balnéaire du Nord de l’Adriatique, j’avais été surpris de voir des jeunes ayant « bricolé » une radio avec un matériel assez hétéroclite mais fonctionnant en FM ! Certes, il s’agissait là d’une installation éphémère mais, compte tenu de l’amateurisme des bricolos et de la simplicité du matériel utilisé, le résultat était assez satisfaisant ! J’avais vu au passage que le pilote HF ne semblait pas être un montage amateur mais plutôt professionnel, ce qui signifie qu’à cette époque, des industriels italiens construisaient déjà ce matériel ! Pour ma part, je me suis pris à rêver …

1979 puis 1980, d’autres que moi ont fait le même constat et seraient prêts à tenter leur chance. Nous sommes en période pré-électorale pour la Présidentielle: parmi les nombreuses promesses d’un candidat, il est notamment question de la possibilité d’assouplir le monopole de la radiodiffusion française. Voilà un message reçu 5 sur 5 par ceux qui trépignent. Très rapidement quelques radios apparaissent sur les ondes, il faut dire qu’il reste de la place disponible sur la bande FM ! Certaines radios le font discrètement, d’autres au contraire revendiquent « un droit à l’antenne » et se placent dans une attitude d’opposition …

Hélas, le sacro-saint monopole est toujours en vigueur et quelques descentes de police ou gendarmerie règlent rapidement le problème : porteuse étranglée et saisie du matériel ! Patience, c’est peut-être l’affaire de quelques mois.

C’est dans ce contexte que vont apparaître les RADIOS (dites) LOCALES.

Mai 1981, un nouveau locataire ayant pour initiales F. M. arrive à l’Élysée. Non ! Ce n’est pas un gag, mais juste une coïncidence !

Sans trop se soucier des possibilités réelles octroyées aux éventuelles radios FM par le nouveau pouvoir, c’est l’effervescence un peu partout dans le pays. Quelques copains décident de passer à l’action, se réunissent, additionnent ce que chacun peut donner pour constituer le capital nécessaire à l’achat du matériel, et pour commencer créent une structure. Ce sera bien souvent une Association du type « loi 1901 donc à but non-lucratif » (on aura l’occasion d’en reparler) On trouve facilement un Président, vice-Président et un Trésorier (cela sera vite nécessaire !). On dépose les statuts auprès des services de la Préfecture en précisant que l’objet de l’Asso est la gestion d’une radio.

Et c’est le début de l’aventure : très vite, il faut trouver

  • Un local et un endroit où placer l’antenne

  • Une fréquence disponible et le matériel HF (pas courant comme matériel !)

  • Un nom pour la radio, un nom qui sonne bien si possible !

  • Un bon bricoleur ayant des notions de radiodiffusion, cela peut servir !

  • etc, etc

Dans une situation qui tient du flou… pas toujours artistique, tant les autorités compétentes sont débordées, il est bien difficile de savoir qui contacter pour se mettre en conformité et déclarer la radio naissante. Assez surprenant, on aura dans les premiers temps, non pas l’autorisation d’émettre, mais seulement …

« une dérogation à l’interdiction d’émettre »

A suivre …

Une réflexion sur “Trouvé dans les Panama-Papers, les débuts des radios locales by EPHEM…(1)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s